dimanche 2 décembre 2007

Premier trek dans les Cahos, direction le centre de traitement de café de La Croix. Plus de trois heures de marche à travers un paysage qui ne cesse de se modifier sous nos pieds, roche, boue, haute herbe, rivière, terre battue, tout y passe. Chaque morne a un aspect différent, d’une montagne à l’autre on passe d’un environnement sec et aride à un environnement humide et arboré. Lu vue sur la chaîne montagneuse est magistrale, la sensation de volume est incommensurable.


Nous sommes arrivé le jour de marché, c’est l'effervescence, mulets garées en double file, c’est a même le sol que légumes et fruits sont vendu,  on y retrouve également petit plat et clairin, mon odorat s’en retrouve excité et mon estomac me réclame. C’est après un classique diri a pwa (plat de riz avec haricot rouge) offert par le chef de la zone que nous nous rendons au centre de café pour l'installation d’un panneau solaire dans le cadre du projet café Cahos d’InterAide qui appui les trois associations des Cahos.


Après quoi, plusieurs planteurs sont venu apporté leur café au centre. Maigre récolte, c’est la fin de la saison dans cette zone. Premier tri sélectif, les graines de café qui ne répondant pas aux critères de qualité sont redonnés aux planteurs pour leur consommation personnel ou pour le marché local. Après réception des différents lots s’en suit alors le processus de dépulpage, les cerises passent dans un moulin qui délie la pulpe enrobant les graines.


Nous avons passé la nuit dans une kay peyi (habitation du village), le chef de la zone nous a cordialement invité. Habitation classique haïtienne, sans électricité ni eau, un grenier à garde manger sur pilotis et bien sûr un feu central permettant de préparer les repas et le café. J’en ai profité pour faire réparer mes chaussures de marche par un boss couture, elles n’ont malheureusement pas supporté le trajet et sont depuis inertes.


Le lendemain nous avons suivi le trajet du café du centre de La Croix au centre principal de Vital, petit détour pour le retour. Durant tout le trajet nous étions dans une perpétuelle course contre la mulet afin de prendre des images du transport. Peine perdu, la mulet se déplaçait à trop vive allure.


Après cette introduction au Cahos, retour à Port au Prince afin de finaliser nos dates d’interventions dans différentes associations du pays et dans les usines de traitement final. Dur retour à la ville, à nouveau l’agitation, les blocus, le bruit et la Minustah. Début du montage vidéo de la fête café destiné aux associations de planteurs, quelques extraits vous seront présentés sur le site.

jeudi 6 décembre 2007

Après ce bref interlude à Potoprenz, retour dans les Cahos pour mettre en image la récolte du café. Deux jours durant nous sommes restés avec un planteur, Elord, visite de jardins appartenants à différents planteurs de la zone et prises d’images acrobatiques.  L’hospitalité haïtienne n’a qu’une parole,  on met les petits plats dans les grands. L’occasion de voir la préparation d’un café peyi et de vivre le quotidien d’une famille paysanne haïtienne.

lundi 17 décembre 2007

Aujourd’hui Hervé est trop fatigué. Le travail est intense, les rencontres et interviews se multiplient, la numérisation, les tests grands angles, la réflexion synopsis, le suivi du café (triage, dépulpage, fermentation, lavage, séchage, , transport etc.). Du coup, c’est moi qui vais vous donner quelques nouvelles de son périple. Ah oui au fait moi, c’est Julien.
Donc en résumé il est très enchanté, très bien accueilli. (t’as vu mes chevilles !). Il s’est même fait une copine qui dort avec lui tous les soirs... elle s’appelle Choupette ! Bon c’est vraie qu’elle est très poilue et ronronne au lit.
Il a pu rencontrer la “fredi” (“fraidure”, le froid d’ici), dans les mornes de Zoranje, où il n’a presque pas dormi, heureusement qu’on aurait dit une boîte de sardine, les quatre clampins recroquevillés dans leur couverture.
Il commence à “gazouiller” un “frankréyol” qui lui permet de voir, chaque jour, d’un autre oeil (et d’une autre oreille) ce nouveau monde qui l’entoure.

Je reprends le clavier en main, merci Julien pour ton introduction. Le projet avance et les visites se multiplient. Nous nous sommes rendu dans la zone de Médor durant une semaine, 3h de marche plus une heure pour prendre quelques images des paysages, toujours aussi vastes, aussi grandioses, dommage qu’il faut payer le prix de dizaine d’ampoules pour les admirer. Visite de différentes pépinières où les membres de l’association se sont regroupés pour vaquer à leurs travaux d’entretien, beaucoup de monde pour l’occasion mais peu de travaux à cette période, ce qui nous donne un rendu un peu surjoué. Le lendemain destination Zoranje, le sud-est de la zone caféière des Cahos, le rendez-vous est pris avec un groupe de l’association pour une cueillette en konbit (collectif). Les caféiers sont encore bien chargé, une dizaine de personnes s’activent en tous sens jusqu'à ce que le soleil arrive à son point culminant. 

Visite d’un fort situé en haut du morne, datant de l’époque de Toussaint Louverture, on en retrouve plusieurs dans la zone disposé de façon stratégique, la vallée de l’Artibonite étant en contre-bas, cette région était fort convoité par les anglais, les espagnols et les français, à l’époque les combats faisait rage. La vallée de l’Artibonite étant considéré comme le bassin le plus important de production agricole, diri essentiellement. 

On a passé le reste de l’après midi au centre de café pour filmer l’arrivée de différents planteurs et de leurs récoltes.  Beaucoup de café est rentré ce jour là. Avant la tombée de la nuit, les ouvriers du centre s’activent pour dépulper tout le café accumulé le long de la journée. Le vent commence à se lever, le froid commence à se faire sentir. Dans le but de mettre en image le processus de lavage du café nous avons passé la nuit au centre, comme l’a dit Julien plus haut, on a caillé, il devait faire moins de 10° au milieu de la nuit avec un vent incessant, reste de l’ouragan Olga. De plus, un bout de tôle ne cessait de cogner sur la toiture, une nuit éprouvante qui restera graver en mémoire. La fermentation du café à mis plus de 12h, le froid n’a pas arrangé les choses. Le lendemain, c’est sous une pluie battante qu’un courageux ouvrier s’est affairé à nettoyer le café, la caméra à eu droit à son baptême, j’ai passé plus de temps à enlever la pluie de l’objectif qu’a filmer.

Profitant d’une éclaircie, nous nous sommes précipités vers Médor, 1h de marche en descente sur une pente à 30° dans des chemins boueux plus que glissant. La terre étant argileuse j’ai fait quelques sorties de route, plus de peur que de mal, seulement une panne caoutchouc (la semelle droite de mes nouvelles chaussures de marche d’occasion est à plat). Avant ça j’ai eu le temps de me rendre dans un marché à Port au Prince où je me suis acheté des chaussures d’occas pour même pas 6 euros, très bon état général, le style rangers, increvable, inconfortable mais solide. Bien évidement les Cahos en sont venus à bout, 1 mois pour deux paires de chaussures et c’est que le début.

Depuis, retour à Pérodin, quelques prises d’images sur l'envoi du café dans le dépôt à Petite-rivière. Le café en sac se retrouve alors dans les macoutes des mulets ainsi que sur le tête des transporteurs. 

Aujourd’hui c’est l’anniversaire de ma rèm, donc petite dédicace, bonne anniversaire Raymonde, fait pas trop la folle, t’inquiète pas le rhum est délicieux et je t’oublie pas. 


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